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La République des Bassins : une proposition pour fonder l’union

La République des Bassins : une proposition pour fonder l’union

Depuis quelques semaines, le débat public s’est ouvert sur une question qu’on croyait réservée aux experts, celle du découpage des territoires. La France Insoumise propose des éco-régions calquées sur les grands bassins versants. Les Écologistes portent une refondation de la souveraineté à l’échelle européenne, des institutions du vivant inscrites dans les traités. Le Parti Socialiste, fidèle à sa tradition, promet plus de moyens aux collectivités et moins de tutelle de l’État. Aucun de ces textes ne se parle vraiment. Chacun reste dans son registre, l’administratif pour les uns, le constitutionnel pour les autres, le redistributif pour les derniers. Et pendant ce temps, l’eau manque, les rivières s’assèchent, et plus d’un tiers du territoire hexagonal vit déjà en insuffisance chronique de ressource.

Il existe une autre voie, plus ancienne dans son intuition, plus radicale dans sa forme, et pourtant capable de rassembler au-delà des clivages habituels : la République des Bassins.

Un diagnostic que personne ne peut nier

Ce qui frappe, dans les débats actuels sur le fédéralisme, c’est à quel point ils commencent tous par un désaccord de principe. Le fédéralisme européen suppose qu’on accepte de déléguer de la souveraineté à Bruxelles, ce qui divise profondément l’opinion. Le redécoupage de LFI suppose qu’on accepte de rebaptiser les régions et de déplacer des capitales, ce qui réveille immédiatement les querelles identitaires locales. Même la décentralisation classique, portée par le PS depuis quarante ans, se heurte à la question de qui contrôle qui, l’État ou les collectivités.

Le bassin versant, lui, ouvre une voie différente, non pas parce que l’eau ferait consensus, elle ne le fait plus, les affrontements récents autour des bassines l’ont montré, mais parce que c’est le seul échelon où l’échec de la gouvernance actuelle se voit et se touche, quelle que soit sa couleur politique : un agriculteur qui manque d’eau l’été, un maire qui subit une inondation sans avoir eu voix au chapitre, une famille qui découvre une restriction d’usage sans comprendre qui en a décidé. Le bassin n’unit pas les Français par une eau apaisée. Il les réunit par un même diagnostic, celui d’institutions à bout de souffle, avant même de proposer un même remède, celui d’une gouvernance refondée dans son ensemble, économique, sociale, écologique, pas seulement hydraulique. C’est très exactement ce que confirme une enquête récente de la Fondation Jean-Jaurès sur le regard des Français vis-à-vis de la décentralisation : l’appétit pour une évolution vers plus d’autonomie territoriale traverse tous les électorats, y compris ceux qu’on croirait les plus attachés à l’unité centrale de l’État. Ce désir existe, diffus, largement inexploité politiquement, faute d’un langage commun pour le porter.

Ce que la République des Bassins peut offrir

Trois raisons font de ce projet une porte d’entrée singulière pour une candidature de concordance en 2027.

La première est qu’il n’est « capté par aucun camp ». Le fédéralisme européen est identifié à la gauche pro-UE. Le redécoupage administratif est désormais associé à LFI. La décentralisation classique porte l’étiquette du PS depuis les lois Deferre. La République des Bassins, elle, n’a pas encore de propriétaire politique. Elle peut être présentée, à ce stade, comme une proposition neuve, ouverte à la discussion, plutôt que comme le totem d’un parti contre un autre.

La deuxième est qu’il « change la nature du pouvoir sans changer le vocabulaire qui inquiète ». Là où le mot fédéralisme braque une partie de l’opinion, y compris chez ceux qui y seraient objectivement favorables sans le savoir, la République des Bassins peut se présenter comme une République tout court, réorganisée autour de ce qui nous relie tous : l’eau, le sol, le vivant. Ce n’est pas une esquive, c’est un langage plus juste pour un contenu qui, dans les faits, partage bel et bien le pouvoir : chambres territoriales de bassin dotées d’un véritable droit de véto, personnalité juridique des fleuves, fin de la tutelle préfectorale sur l’eau.

La troisième est que le terrain « reste largement vierge en communication grand public ». Contrairement au fédéralisme européen, débattu depuis des décennies, contrairement même aux éco-régions de LFI et des Écologistes, déjà cartographiées et critiquées, la République des Bassins n’a pas encore fait l’objet d’une bataille d’opinion. C’est une force, pas une faiblesse : le texte peut encore se construire au contact de la critique plutôt que de se défendre contre elle. La réponse déjà apportée à une critique aussi rigoureuse que celle d’une hydrogéologue du Laboratoire Radical et Oblique des Urgences en Sciences de la Terre, qui documente heure après heure les défaillances actuelles de la gestion de l’eau en France, illustre ce que ce texte peut devenir : non pas un récit figé, mais une proposition capable d’absorber l’expertise et de s’en trouver renforcée plutôt qu’affaiblie.

Une candidature de concordance, pas de rupture

Une campagne présidentielle bâtie sur ce socle n’aurait pas besoin de se définir contre les autres forces écologistes ou de gauche. Elle pourrait au contraire tendre la main à qui veut bien la saisir : aux écologistes soucieux d’une refondation démocratique réelle, aux socialistes attachés à l’égalité des territoires, à tous ceux, y compris au-delà des clivages habituels, qui sentent confusément que l’organisation actuelle de l’État ne sait plus répondre à la question la plus élémentaire, celle de l’eau qui coule ou qui manque. Ce n’est pas un programme qui s’ajoute aux autres, c’est un socle suffisamment tangible, suffisamment vécu, pour que chacun puisse s’y reconnaître sans renoncer à ce qui le distingue.

La France n’a pas besoin d’un énième redécoupage administratif. Elle a besoin de redécouvrir ce qui, sous les frontières héritées du XIXe siècle, la relie déjà : ses fleuves, ses bassins, son eau. C’est cela, la République des Bassins. Ce n’est pas une utopie de plus, c’est peut-être, pour 2027, le seul endroit où tout le monde peut encore se retrouver, et qui peut porter une bascule institutionnelle suffisante pour satisfaire la remise en cause attendue par une population consciente des problèmes écologiques, mais qui cherche avant tout du concret, de l’opérationnel, une preuve que changer d’institutions changera aussi le cours des choses.

Rejoindre Le Commun des Bassins

Nous voulons avant tout l’union. Créer une dynamique. Nous n’attendrons pas les sondages pour décider d’un ralliement.

Nous voulons construire dès maintenant la proposition qui portera l’ambition de changer de monde en changeant notre regard, pour qu’il puisse enfin voir le mur d’inhumanité que nous avons dressé devant nous, devant les générations futures, en cachant, jour après jour, l’importance : du temps qu’il nous reste pour vivre, de la biodiversité, des énergies fossiles, de la richesse du lien avec les autres qui donne toute sa saveur à l’habitabilité du monde.

Pour cela, il nous faut nous bousculer sans nous faire tomber, trouver la proposition qui sera le socle, la fondation de notre futur. Une mesure circule déjà parmi nous, c’est celle que nous venons de présenter. Nous avons choisi d’aller jusqu’au bout de celle-ci, sans nous perdre dans la demi-mesure qui devient insipide à force de conciliation sans ambition. Nous vous proposons la force d’une véritable révolution, celle que vous attendez, celle qui a le goût d’une nouvelle culture. Le XXIe siècle sera culturel ou ne sera pas.

Cette union ne se décrétera pas depuis un sommet. Elle se construira dans un espace ouvert que nous appelons Le Commun des Bassins : ni un parti, ni une candidature déjà arrêtée, mais le lieu où celles et ceux qui reconnaissent ce diagnostic, la société civile, les ONG, les syndicats, les collectifs, les associations, les élus de bonne volonté, peuvent converger sans attendre l’échéance électorale ni les sondages. C’est une primaire sans vote, une concordance qui se construit par adhésion à une proposition plutôt que par départage entre personnes. Nous invitons dès aujourd’hui quiconque partage ce diagnostic à rejoindre Le Commun des Bassins et à bâtir avec nous, pierre après pierre, la candidature de concordance que la France de 2027 attend … et pour l’instant « sur la tête de ma mère » ✨😜 cette candidature n’a pas encore de visage !
 

NB : comment ça marche la République des bassins

« Concrètement, la République des Bassins repose sur une Collectivité Territoriale de Bassin (CTB), qui fusionne les compétences des départements, régions et agences de l’eau. Chaque CTB est dotée d’une Chambre Économique, Sociale et Environnementale (CESEB), où sièges, à égalité, des représentants de l’économie, de la société civile et de l’écologie. Les décisions y sont prises par recherche d’équilibre, et non par majorité. Si un désaccord persiste, une convention citoyenne est organisée pour éclairer le débat. »

Naissance des Collectivités Territoriales de Bassin – Plateforme de la Post-croissance Naissance des Collectivités Territoriales de Bassin Base de connaissance post-croissance

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